Ivan Basso a remporté ce dimanche le Tour d'Italie. Le coureur de CSC, qui avait fait du Giro un premier objectif avant de viser le Tour de France en juillet prochain, a largement dominé l'épreuve, s'offrant au passage trois victoires d'étape à titre personnel. Impérial en montagne, très solide dans les chronos, le Varesan est apparu sans faille et a fait oublier sa terrible défaillance de 2005. Jose Enrique Gutierrez et Gilbert Simoni, nettement distancés, complètent le podium. La dernière étape à Milan a été enlevée par Robert Förtser.
Ivan Basso a tenu sa promesse. Le coureur varesan avait promis à sa mère, mourante, de remporter pour elle le Tour d'Italie. Après une tentative ratée en 2005, le leader de l'équipe CSC est allé au bout cette année. Deux jours après la naissance de son fils Santiago, à qui il a dédié sa victoire samedi à Aprica, Ivan Basso a bouclé la boucle. Surtout, cette victoire indiscutable, avec un écart record depuis quarante ans sur le deuxième, Jose Enrique Gutierrez, repoussé à 9'24, propulse le timide Basso dans la cour des très grands.
Cette fois, Ivan Basso a en effet définitivement changé de statut. De sympathique outsider au visage juvénile, le Varesan s'est mué en un champion dominateur ces trois dernières semaines. Parti prudemment en Belgique quand Paolo Savoldelli tentait de mettre la main sur la course, Ivan Basso a marqué des points à chaque moment clé. C'est d'abord son équipe, la CSC, qui le mettait en orbite lors de l'arrivée du peloton en Italie fêtée avec une victoire dans le contre-la-montre par équipe. Parfaitement entouré et soutenu par une formation puissante, Basso pouvait alors préparer à sa guise sa stratégie de prise de pouvoir. L'escalade de la Maeilletta allait constituer son premier coup de force. Vainqueur du premier rendez-vous en montagne, il s'emparait aussitôt du maillot rose, qu'il n'allait plus lâcher jusqu'à Milan.
La régularité récompensée
Trois jours plus tard, il enfonçait le clou dans le contre-la-montre individuel de 50 kilomètres à Pontedera. S'il laissait la victoire à Jan Ullrich, il distançait tous ses rivaux, confortait son maillot de leader et se mettait dans une situation idéale pour contrôler la course à l'approche de la troisième semaine, celle de tous les dangers. A La Thuile, là encore il se contentait de la deuxième place derrière Leonardo Piepoli mais il continuait à accentuer son avance. Le Giro était définitivement sien après sa victoire au Monte Bondone. Vainqueur en solitaire, il assommait alors tous ses adversaires qui prenaient conscience que l'affaire était pliée. Le coureur de la CSC était trop fort. Conscient lui aussi de sa supériorité, Basso était bien décidé à en profiter. Sans toutefois jouer les cannibales puisque dans l'étape amputée du Plan de Corones, il laissait Piepoli un deuxième succès d'étape alors que sa facilité flagrante lui aurait sans doute permis de passer la ligne en tête. Ce plaisir-là, il allait finalement se l'offrir samedi à Aprica, au grand dam de Gilberto Simoni.
Troisième finalement de ce 89e Giro, ce qui constitue son septième podium sur la course rose qu'il a inscrit deux fois à son palmarès, le Trentinois, qui n'a pas réussi à remporter la moindre étape cette année, garde en travers de la gorge la leçon reçue dans la montée finale vers Aprica quand il se faisait décrocher à la pédale. Incapable de suivre le maillot rose, Simoni, les mâchoires serrées, crachait sa bile à l'arrivée, insinuant à la fois que Basso l'avait trompé et que sa domination n'était pas naturelle. Une opinion pour le moins malvenue de la part d'un coureur qui a fait l'objet par le passé d'un contrôle positif à la cocaïne...
Forcément blessé par ce déferlement de haine, qui plus est dans le contexte actuel où la suspicion générale a été relancée par l'affaire qui secoue l'Espagne, Ivan Basso a préféré ne pas polémiquer pour mieux savourer son triomphe. Un triomphe qui arrive à point nommé, comme le couronnement d'une progression constatée sur le Tour de France en 2004 (3e) et en 2005 (2e). Champion du monde espoirs en 1998, Ivan Basso qui est un coureur complet à l'origine, s'est amélioré dans tous les domaines pour devenir un coureur de Grand Tour au point de revendiquer désormais la possibilité de jouer le doublé Giro-Tour, ce qui n'a plus été réussi depuis un certain Marco Pantani en 1998. A 28 ans, l'âge de Lance Armstrong quand il a remporté son premier Tour de France en 1999, mais aussi l’âge de Miguel Indurain lors de son premier sacre, il me faut vous le rappeler. Ivan Basso a sans doute inauguré sur les routes du Giro le premier grand acte d'un palmarès majuscule... BOTERO31
Le classement général final :
| 1 | 91h33'36" | |||||||
| 2 | à 9'18" | |||||||
| 3 | à 11'59" | |||||||
| 4 | à 18'16" | |||||||
| 5 | à 19'22" | |||||||
| 6 | à 23'53" | |||||||
| 7 | à 24'26" | |||||||
| 8 | à 25'57" | |||||||
| 9 | à 26'27" | |||||||
| 10 | à 27'34" | |||||||
| 11 | à 28'00" | |||||||
| 12 | à 28'17" | |||||||
| 13 | à 28'30" | |||||||
| 14 | à 35'15" | |||||||
| 15 | à 40'16" | |||||||
| 16 | à 46'26" | |||||||
| 17 | à 48'25" | |||||||
| 18 | à 48'52" | |||||||
| 19 | à 49'47" | |||||||
| 20 | à 50'43" | |||||||
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