Lorsqu'ils avaient dessiné les courbes du parcours du Tour de France 2007, les organisateurs de la course espéraient bien que le contre-la-montre entre Cognac et Angoulême, à la veille de l'arrivée du peloton sur les Champs-Elysées, constituerait le juge de paix de la 94e édition de la course la plus médiatisée du monde. Ce samedi, et ce malgré toutes les désillusions rencontrées depuis le départ de Londres, les patrons de la Grande Boucle ont vu leurs voeux exaucés. Le maillot jaune sur les épaules d'Alberto Contador encore à portée de fusil de Cadel Evans et Levi Leipheimer avant l'explication finale sur les 55 kilomètres séparant les deux villes charentaises, le suspense n'allait cesser de gagner en intensité au fil des kilomètres. Davantage grimpeur que rouleur, le frêle espagnol ne partait pas avec les faveurs des pronostics, mais les écarts qu'il avait su creuser sur ses deux rivaux à la sortie des Pyrénées devait lui permettre de gérer son avance si l'on se référait au premier chrono disputé autour d'Albi. Septième dans le Tarn, le Madrilène avait concédé un petit peu plus d'une minute sur Evans tandis qu'il avait repris un peu de temps sur son coéquipier. Sur les routes rectilignes de Charente, Contador et Evans, lequel avait pour sa part pris la deuxième place lors du premier chrono, derrière Vinokourov (sic) ont évolué à un niveau similaire qu'une semaine plus tôt comme le démontrent leurs classements respectifs à l'arrivée.
Parti de Cognac trois
minutes après son dauphin au classement
général, Contador, au sujet duquel Patrice Clerc a
tenu à préciser dans la journée en
réaction à un article publié dans Le
Monde, qu'il n'y avait pas de nouveaux éléments
concernant une éventuelle implication du Madrilène
dans l'affaire Puerto (en 2006, Contador avait
été interdit de départ à Strasbourg
à l'instar de huit autres coureurs avant d'être
blanchi par l'UCI, Ndlr), le vainqueur de Paris-Nice au
printemps dernier a semblé géré son
crédit-temps tout au long du parcours. Alors que Levi
Leipheimer signait le temps de référence à
chacun des trois temps intermédiaires, celui qui aura
été le seul à pouvoir accompagner
l'énigmatique Michael Rasmussen dans les cols cette
année, malgré un petit passage à vide dans le
deuxième tiers du parcours, ne fut jamais
véritablement inquiété par les deux hommes
susceptibles le priver du sacre demain à Paris. Si les écarts qui le séparait d'Evans et de
Leipheimer avant le départ de Cognac ne faisait que
décroître au fur et à mesure que les hommes
avalaient les kilomètres, Contador parvenait toutefois
à conserver une fois la ligne d'arrivée franchie 23
secondes d'avance sur Evans et à peine plus sur Leipheimer.
Une marge infime entre les trois hommes censés
terminés dans cet ordre sur le podium à Paris qui, si
elle reste inchangée dimanche, constituera, ni plus ni
moins, un nouveau record d'écart entre les trois premiers
dans la longue histoire du Tour de France né en 1903...
Quant aux 23 secondes séparant Contador d'Evans, seuls Greg
Lemond et Laurent Fignon avaient « fait moins » avec 8
secondes !
S'il nourrissait encore des
ambitions avant le départ du contre-la-montre, Evans ne
pouvait qu'accepter le résultat à Angoulême.
Pour autant, le coureur de Predictor-Lotto gardait le sourire aux
micros de France Télévisions. "Je ferai
le sprint sur les Champs-Elysées demain pour prendre des
bonifications, plaisantait même le trentenaire avant de
retrouver son sérieux. J'ai perdu le Tour dans le col de
Peyresourde quand je me suis retrouvé esseulé avec
les Caisse d'Epargne et les Astana qui ne collaboraient pas avec
moi pour revenir sur Rasmussen et Contador. Tant pis,
deuxième c'est très bien. Je voulais faire mieux que
l'an dernier (il avait terminé
5ème),
j'ai donc réussi." Dans le camp des Discovery Channel,
l'ambiance était elle à la fête. Levi
Leipheimer a décroché, à 33 ans, sa
première victoire d'étape sur la Grande Boucle tandis
qu'Alberto Contador n'est plus qu'à 146 kilomètres
d'inscrire son nom au palmarès de la plus grande course du
monde et de ramener le maillot jaune dans la formation
américaine deux ans après le septième sacre du
si controversé Lance Armstrong...
by BOTERO31











Commentaires