Voilà maintenant plus d'une semaine que
la 30è édition du Rallye Dakar Euromilhoes est
annulée mais l'amer goût de ce fiasco reste encore
dans le coeur de tous les participants, organisateurs et
spectateurs. Une compétition très coûteuse en
terme de moyens financiers, matériels et humains. Une
compétition très exigeante tant sur son organisation
que sur sa difficulté. Mais surtout, une compétition
qui n'a jamais était annulée.
Remontons déjà en 2007
ou l'intégralité des épreuves au
Mali avaient alors été annulées pour cause
d'insécurité. La caravanne du Dakar avait alors
dû survoler le pays sous la menace du GSPC (Groupe
Salafiste pour la Prédication et le Combat) et d'un
éventuel attentat contre le cortège.
L'insécurité de l'Afrique se faisait
déjà ressentir et le Dakar avait alors
frôlé l'annulation sous la pression des Etats
européens.
Cette année encore, la menace
était grande mais cette fois-ci bien concrète. Suite
à l'assassinat d'une famille française en voyage en
Mauritanie, le message du gouvernement français est alors
très clair : il faut annuler le Rallye. Une décision
très difficile à prendre. En effet, le Rallye Dakar
n'est pas une compétition en soit. Cela relève
plutôt d'un voyage organisé ... textuellement parlant!
Sous l'égide d'une entreprise, ASO (Amaury Sport
Organisation) organise des excursions sportives sur le globe
terrestre. Les plus connus sont bien entendu le Rallye Dakar, le
Tour de France ou le Marathon de Paris. En partenariat avec les
gouvernements de chaque pays, ils proposent diverses
compétitions mondialement reconnues. Dans ce sens-là,
rien ne les obligeait donc à annuler ou à poursuivre
l'étape. Aucun gouvernement ne pouvant aller contre l'une ou
l'autre décision.
Le ministre des affaire étrangères
français (M. Kouchner) le dira bien par la suite : "Je
crois que les organisateurs ont fait le choix de la
sécurité et je salue leur courage. Je sais que
prendre une telle décision n'était pas facile".
En effet, le terme de "pas facile" restera très
réservé. Ce fut une décision cruciale, pleine
de responsabilité qui fragilisera à coups sûr
cette fabuleuse compétition. Une décision qui
coûtera cher. Car comme la Dakar est une organisation
strictement privée, elle peut très bien choisir
d'aller ou non courrir les épreuves en Afrique mais,
même si son choix et de rester en France et d'annuler la
compétition, aucun recours financier n'est possible. Et le
secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte est clair
à ce sujet : "Il est impossible d'apporter un soutien
financier à une épreuve privée. Ce n'est pas
le gouvernement qui a annulé le Dakar, et je tiens à
dire que les dirigeants d'ASO ont pris une décision
courageuse, mais honnête"
Un échec d'autant plus
coûteux que la chaine publique France 2 envisage de laisser
tomber l'organisation indiquant que le risque de voir le rallye
annuler en 2009 et toujours aussi grand et qu'une
réorganisation sur un autre continent serait alors moins
rentable en terme de participations et d'audiences.
Rappelons que ASO a du également indemniser les participants
de l'éditions 2008!
Le bilan financier de cette grande
désillusion est donc colossal. Les Etats africains crient
à l'injustice, avecu n manque à gagner allant par
exemple de 2 millions d'euros pour le Sénégal
à quelques 15 millions pour les différents acteurs
portugais! Même si les organisateurs disent se replonger
immédiatement dans le futur Rallye 2009, l'ambiance restera
à la crainte!
Le bilan humain est quant à lui encoure plus lourd.
Déception des quelques grandes écuries qui avaient
fait de ce rallye un objectif pour le début de
l'année. Très grande déception
également pour tous ceux qui ont préparé ce
rallye depuis quelques années, tout ceux qui s'y sont
préparés avec leurs moyens et qui voyent un
rêve s'envoler en fumée.
Gageons que le Rallye 2009 reparte sur de bonnes
bases même si l'espoir est mince. Le Chili a d'ores et
déjà fait connaitre sa volonté de recevoir
cette compétition. Mais un Rallye Dakar hors de l'Afrique et
surtout loin de dakar, ce n'est forcément pas un Dakar! Cela
reste néanmoins la seule espérance que l'on pourrait
avoir quant à la continuité de cette
organisation.
Messieurs les organisateurs, bon courage!
(photo : sport24.com)
Thomas
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